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title: Antienne : définition, usage à la messe et à l'office
description: Le mot revient partout dans les documents liturgiques pour désigner une chose simple, une courte phrase chantée qui encadre un psaume, mais son sens figuré en français courant s'y mêle souvent.
url: https://www.kelmesse.org/guides/art-antienne/
sources: Base Mérimée, ministère de la Culture (plateforme POP) — Licence Ouverte 2.0, OpenStreetMap et ses contributeurs — ODbL 1.0, Wikidata — CC0, INSEE / DGCL via Etalab et IGN ADMIN-EXPRESS — Licence Ouverte 2.0
licence: Les fiches d'édifices reprennent des données publiques sous Licence Ouverte 2.0, ODbL 1.0 et CC0. Leur réutilisation suit la licence de la source, citée sur chaque fiche.
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Antienne : définition, usage à la messe et à l'office 

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 Liturgie 
# Une antienne, c'est un refrain avec un nom savant

 Le mot revient partout dans les documents liturgiques pour désigner une chose simple, une courte phrase chantée qui encadre un psaume, mais son sens figuré en français courant s'y mêle souvent. 
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 Par Clémence Ravoisier · 2026-09-11 
 Le mot vient du grec par le latin et signifie littéralement « qui répond ». Il a d'abord désigné un chant exécuté en alternance, puis, par extension, la courte phrase qu'on chante avant et après un psaume, et c'est dans ce second sens qu'on le croise aujourd'hui dans les livres.

## La définition liturgique
 Une antienne est une phrase brève, généralement tirée du psaume qu'elle encadre ou de l'Écriture, que l'on chante avant et après ce psaume et que l'on répète parfois entre les strophes.
 Sa fonction est double. Elle donne le ton musical, au sens propre, puisqu'elle indique le mode et la hauteur sur lesquels le psaume va être psalmodié, et elle donne en même temps une clé de lecture en mettant en avant un verset ou une idée. Dispositif musical et dispositif d'interprétation à la fois, l'antienne est donc choisie, jamais composée au hasard de l'inspiration.

## Où on en rencontre
 À la messe. Le missel prévoit une antienne d'ouverture et une antienne de communion, propres à chaque jour. Dans l'usage paroissial français, on les remplace presque toujours par des chants, ce qui est permis ; quand il n'y a pas de chant, comme souvent aux messes de semaine, le célébrant se contente de les lire.
 À l'office divin. C'est là qu'elles sont le plus nombreuses, puisque chaque psaume de chaque heure a son antienne, variable selon le temps liturgique et la fête. Un même office en compte donc plusieurs.
 Dans les antiennes mariales , ces chants adressés à la Vierge qu'on chante à la fin de complies et qui changent selon la période de l'année.
 Dans les grandes antiennes de l'Avent , une série de sept antiennes chantées aux vêpres dans la semaine qui précède Noël, chacune ouverte par une invocation différente. Elles sont anciennes et ont donné naissance à des cantiques connus.

## Antienne, répons, refrain : trois mots voisins
 L'antienne encadre un psaume : on la chante avant, après, et parfois entre les strophes.
 Le répons est une forme où un soliste et un chœur alternent, avec une reprise partielle ; il est musicalement plus développé.
 Le refrain est le mot courant du répertoire paroissial contemporain. Sur le plan de la fonction, le refrain d'un psaume responsorial joue exactement le rôle d'une antienne.
 Ces distinctions comptent dans les documents anciens et dans le répertoire grégorien. Dans une paroisse ordinaire, en revanche, personne ne les emploie et tout le monde dit refrain ; en seize ans de remplacements à l'orgue, je n'ai jamais entendu une équipe liturgique me demander « l'antienne » de quoi que ce soit.

## Le sens figuré, qui a pris le dessus
 En français courant, « chanter la même antienne » ou « reprendre l'antienne » signifie répéter toujours la même chose, avec une pointe d'agacement. Ce sens dérive directement du sens liturgique par l'idée de répétition, et il est aujourd'hui bien plus répandu que le sens propre, si bien que la recherche du mot renvoie surtout à des articles de presse et à des dictionnaires plutôt qu'à des textes liturgiques.
 C'est un de ces cas où un terme technique religieux a survécu dans la langue courante en perdant son sens d'origine, comme prêchi-prêcha, litanie ou credo.

## Les antiennes mariales
 Elles méritent une mention, parce qu'elles forment le corpus le plus connu. Quatre antiennes principales se succèdent au cours de l'année liturgique, chacune affectée à une période : de l'Avent à la Chandeleur, jusqu'au Carême, pendant le temps pascal, et pendant le temps ordinaire.
 On les chante à la fin de l'office de complies, le dernier office de la journée. Dans les monastères, c'est souvent le moment que les hôtes fréquentent le plus, parce qu'il est court, tardif et souvent chanté dans l'obscurité. Leurs mélodies grégoriennes comptent parmi les plus diffusées du répertoire et ont été mises en polyphonie des centaines de fois.

## Ce que ça change à l'écoute d'une messe
 Savoir ce qu'est une antienne permet de comprendre la structure d'un office, qui sans cela ressemble à une succession indistincte de textes chantés. Cette structure est pourtant très régulière : antienne, psaume, antienne, puis de nouveau antienne, psaume, antienne, et ainsi de suite. Les antiennes marquent les articulations et changent de mélodie, là où le psaume garde la même formule. Une fois ce mécanisme repéré, vous suivez un office sans livre.

## Où trouver les textes
 Les textes des antiennes de la liturgie romaine figurent dans les livres liturgiques, dont la traduction française est protégée, et ce site n'en reproduit donc aucun. Le répertoire grégorien, en latin, est publié dans les livres de chant de référence et reste largement accessible sous forme d'éditions et d'enregistrements. Pour un usage courant, les sites liturgiques officiels publient chaque jour les textes de la messe et de l'office : c'est là qu'il faut regarder pour savoir quelle antienne est prévue tel jour.

## Une remarque de vocabulaire
 On rencontre parfois l'orthographe « antiène », qui est une faute, et la confusion avec « antienne » au sens de rengaine, qui n'en est pas une puisqu'il s'agit du même mot. Il arrive aussi qu'on emploie le terme pour n'importe quel chant d'église, ce qui est imprécis mais compréhensible. Dans les inventaires et les documents anciens, en revanche, le mot est pris au sens strict, et c'est ainsi qu'il faut le lire.

## Les huit modes, et à quoi ils servent
 Puisque l'antienne donne le ton du psaume, encore faut-il dire ce que cela signifie. Le répertoire grégorien est organisé en huit modes, qu'on appelle aussi tons, définis chacun par une finale, une teneur et un ambitus. Chaque antienne appartient à un mode, et le psaume qui la suit se chante sur la formule de psalmodie correspondante.
 Le système est purement fonctionnel : l'antienne annonce le mode, l'assemblée ou le chœur enchaîne dans le même univers sonore, et l'antienne reprise à la fin referme le tout. C'est ce qui explique la présence, dans les livres de chant, de tableaux de tons psalmodiques avec leurs terminaisons. Ils paraissent obscurs au premier regard, alors qu'il s'agit d'un simple outil d'exécution, du même ordre qu'une grille d'accords posée sur le pupitre.

## Les quatre antiennes de complies, une par saison
 Elles sont quatre et se succèdent au cours de l'année, toujours chantées à la fin de complies. Chacune est affectée à une période : de l'Avent à la Chandeleur, de la Chandeleur au Carême inclus, du temps pascal à la Pentecôte, et le reste de l'année. Leurs mélodies grégoriennes existent en version solennelle et en version simple, la seconde étant la plus employée.
 Mises en polyphonie des centaines de fois, du seizième siècle à aujourd'hui, elles forment l'un des corpus les plus enregistrés du répertoire sacré. Dans les monastères, leur changement au fil de l'année est l'un des repères les plus concrets du calendrier liturgique, et les hôtes le remarquent vite.

## Les grandes antiennes de l'Avent
 Elles méritent une mention parce qu'elles sont remarquables et assez peu connues. Sept antiennes sont chantées aux vêpres pendant la semaine qui précède Noël, chacune commençant par une invocation différente adressée au Christ sous un titre tiré de l'Ancien Testament.
 Elles sont anciennes, attestées au haut Moyen Âge, et d'une construction très serrée : leurs initiales, lues à rebours, forment un acrostiche latin, ce qui relève du jeu de composition médiéval et non de la coïncidence. Elles ont donné naissance à des cantiques largement diffusés, y compris hors du monde catholique, au point d'être l'un des textes liturgiques anciens les plus présents dans la culture générale.

## Ce que le mot désigne dans les inventaires
 Une précision, pour ceux qui lisent des notices. Un antiphonaire est un livre de chant qui contient les antiennes et les pièces de l'office, tandis qu'un graduel contient celles de la messe. Quand ils sont anciens, ces livres sont des objets remarquables : de grands formats faits pour être lus à plusieurs autour d'un lutrin, avec une notation sur portée et des initiales enluminées.
 Ils figurent dans la base Palissy quand ils sont protégés, ainsi que dans les fonds des bibliothèques patrimoniales. On en trouve encore au fond de sacristies ou dans des greniers de presbytères, en mauvais état, sans que personne les cherche. J'en ai vu un servir de rehausseur sur le banc d'un harmonium. Ce sont pourtant, dans certains cas, les seuls documents anciens conservés d'une paroisse.

## Ce que ça change à l'écoute d'un office
 Une fois le mécanisme compris, un office devient lisible, et c'est assez réjouissant. Vous entendez d'abord une phrase brève : c'est l'antienne. Vient ensuite une longue récitation sur une même note, ponctuée de cadences, qui est le psaume, puis la phrase brève revient pour signaler que le psaume est fini.
 Répété trois fois, cela donne les psaumes de l'office. Suivent la lecture, le répons, le cantique évangélique avec son antienne, les intercessions et l'oraison, et il n'y a rien de plus. Cette structure est la même depuis quinze siècles, à quelques variantes de répartition près, ce qui en fait probablement la forme rituelle la plus stable de la culture occidentale ; elle s'explique pourtant en cinq lignes.

## Vérifier ce qui est resté sur l'antienne
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