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title: Gothique flamboyant : le reconnaître, et pourquoi les sources hésitent
description: Des remplages en forme de flammes, des voûtes à liernes et tiercerons, et une période qui recouvre presque exactement celle où la France se reconstruit après la guerre de Cent Ans.
url: https://www.kelmesse.org/guides/art-gothique-flamboyant/
sources: Base Mérimée, ministère de la Culture (plateforme POP) — Licence Ouverte 2.0, OpenStreetMap et ses contributeurs — ODbL 1.0, Wikidata — CC0, INSEE / DGCL via Etalab et IGN ADMIN-EXPRESS — Licence Ouverte 2.0
licence: Les fiches d'édifices reprennent des données publiques sous Licence Ouverte 2.0, ODbL 1.0 et CC0. Leur réutilisation suit la licence de la source, citée sur chaque fiche.
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Gothique flamboyant : le reconnaître, et pourquoi les sources hésitent 

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 Patrimoine 
# Le flamboyant, dernier style avant l'arrêt
 Des remplages en forme de flammes, des voûtes à liernes et tiercerons, et une période qui recouvre presque exactement celle où la France se reconstruit après la guerre de Cent Ans.
 Par Gérard Sourdeau 
 Patrimoine bâti · Figeac (Lot)
 20 octobre 2026 · 7 min de lecture · Sa page 

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 Un édifice manquant, une adresse fausse, une église qui n'existe plus. Les paroisses qui veulent publier leurs horaires sur leurs fiches passent par ici.

 Dans cet article
 Ce qui le distingue à l'œil 
 Ce qui l'explique, historiquement 
 Où le trouver 
 Ce qui le rend difficile à dater 
 Distinguer le flamboyant du néogothique 
 Ce que la notice dit, et ce qu'elle ne dit pas 
 Un mot sur le vocabulaire 
 Ce qu'il faut regarder en priorité 
 Les marques de tâcherons 
 Ce qu'il faut noter dans un relevé 
 Ce que la fiche d'un édifice en dit 
 Un mot pour finir 
 Le flamboyant est la dernière phase du gothique en France. Il court en gros du début du quinzième siècle au milieu du seizième, avec des chevauchements considérables selon les régions.

## Ce qui le distingue à l'œil
 Le remplage des baies. C'est le critère le plus sûr et le plus visible. Le remplage est le réseau de pierre qui divise une fenêtre. Au gothique rayonnant, il est fait de cercles et de trilobes inscrits dans une géométrie stricte. Au flamboyant, il se compose de courbes et de contre-courbes qui dessinent des formes en flamme, appelées soufflets et mouchettes. D'où le nom.
 Les voûtes. Aux croisées d'ogives simples s'ajoutent des nervures secondaires : les liernes, qui relient la clé aux clés des arcs, et les tiercerons, qui partent des retombées. Le résultat est un réseau étoilé qui n'a plus grand-chose de structurel et beaucoup de décoratif.
 Les arcs en accolade , qui coiffent les portes et les niches d'un double retour de courbe terminé en pointe.
 Les pénétrations sans chapiteau. Les nervures de la voûte descendent dans le pilier sans être interrompues par un chapiteau. C'est un marqueur fort du flamboyant tardif : le pilier devient un faisceau de moulures continues.
 Le décor végétal , avec des choux frisés et des feuillages découpés, plus dentelé et plus sec que le naturalisme du treizième siècle.

## Ce qui l'explique, historiquement
 La période correspond, en France, à la reconstruction qui suit la guerre de Cent Ans. Un très grand nombre d'églises paroissiales ont été endommagées ou détruites au quinzième siècle, et elles sont rebâties ou complétées dans la seconde moitié de ce siècle et au début du suivant.
 Cela a une conséquence pratique pour qui regarde des édifices ruraux : le flamboyant est, dans beaucoup de régions, le style de l'agrandissement. On garde la nef romane, on ajoute des bas-côtés, on perce de grandes baies, on refait le chœur. L'édifice devient un composite, et c'est le cas le plus fréquent.

## Où le trouver
 Il est très inégalement réparti. Il domine en Normandie, en Champagne, en Picardie, en Bretagne, dans le Centre, et il est plus discret dans le Midi, où la tradition gothique méridionale a d'autres caractères.
 Dans les régions où la pierre est dure et coûteuse à tailler, le décor flamboyant est plus simple ; là où le calcaire est tendre, il est prolifère. Le style suit la géologie autant que la mode.

## Ce qui le rend difficile à dater
 Trois difficultés, et elles expliquent que les notices hésitent souvent.
 Le chevauchement avec la Renaissance. À partir des années 1520 et 1530, on trouve des édifices où le vocabulaire décoratif est déjà renaissant et où la structure reste gothique : pilastres et médaillons sur des voûtes à liernes. La transition n'est pas une frontière, c'est une zone de plusieurs décennies, et elle varie d'une région à l'autre.
 La survivance. Le gothique continue d'être employé pour les édifices religieux ruraux longtemps après qu'il a été abandonné dans l'architecture savante. On construit encore des voûtes d'ogives au dix-septième siècle dans certaines régions.
 Le néogothique. C'est la difficulté principale, et elle est massive. Le dix-neuvième siècle a produit un nombre considérable d'églises néogothiques, dont beaucoup imitent précisément le flamboyant, et il a aussi restauré, complété et refait des édifices anciens dans ce style.

## Distinguer le flamboyant du néogothique
 C'est l'exercice le plus utile qu'on puisse faire dans une église française, et il repose sur la pierre plus que sur le dessin.
 La qualité et la régularité de la pierre. Le dix-neuvième siècle dispose du chemin de fer, donc de pierre de qualité homogène transportée de loin, et d'outils qui produisent des faces très régulières. Un édifice du quinzième siècle emploie la pierre locale, avec des variations de teinte et de grain d'un bloc à l'autre.
 Les traces d'outil. La taille ancienne laisse des coups de ciseau irréguliers, orientés selon la main. La taille mécanisée du dix-neuvième laisse des stries parallèles régulières, et la scie laisse des traces planes.
 L'usure. Huit cents ans de gel et de pluie produisent une érosion différentielle : les parties tendres reculent, les fossiles ressortent, les arêtes s'émoussent inégalement. Cent cinquante ans n'y suffisent pas.
 La régularité du décor. Le décor néogothique est répétitif au millimètre parce qu'il est produit en série d'après des modèles. Le décor médiéval varie d'un chapiteau à l'autre.
 Les joints. Le mortier de ciment est du dix-neuvième siècle ou postérieur. Le mortier de chaux, gras et clair, est antérieur, sauf restauration récente qui est heureusement revenue à la chaux.

## Ce que la notice dit, et ce qu'elle ne dit pas
 La base Mérimée, publiée par le ministère de la Culture sur la plateforme ouverte du patrimoine, donne des datations par campagne. Elle emploie une terminologie chronologique normalisée du type « quinzième siècle », « limite quinzième siècle seizième siècle », et elle distingue parfois la nature de la datation : établie par une source, ou déduite.
 Quand la notice est ancienne et qu'elle ne distingue pas, la prudence s'impose. Un certain nombre de datations « quinzième siècle » de notices anciennes concernent en réalité des restaurations du dix-neuvième, et l'inverse existe aussi.
 C'est pour cette raison que les fiches de ce site ne publient pas de datation lorsque le rapprochement entre l'édifice et sa notice est resté probable. Une datation fausse recopiée trois fois devient un fait, et personne ne remonte jamais à la source.

## Un mot sur le vocabulaire
 Rayonnant désigne la phase antérieure, treizième et quatorzième siècles, caractérisée par les grandes roses et les remplages géométriques.
 Flamboyant désigne la phase terminale.
 Gothique tardif est employé comme terme générique, moins précis, et il est parfois préférable quand on n'est pas sûr.
 Manuélin , perpendicular , sondergotik désignent des phases terminales dans d'autres pays, avec d'autres caractères. Les employer pour la France est une erreur, et on la rencontre.

## Ce qu'il faut regarder en priorité
 Si l'on ne devait retenir qu'une chose : les remplages des baies, et rien d'autre.
 Ils sont visibles de l'extérieur, ils ne se restaurent pas facilement à l'identique, et leur dessin est le marqueur chronologique le plus discriminant de l'architecture gothique. Une seule baie flamboyante dans un mur roman date l'agrandissement.
 Et quand le remplage a disparu, remplacé par une baie rectangulaire ou par du verre, il reste la forme de l'arc et les amorces dans les piédroits, qui suffisent souvent à trancher.

## Les marques de tâcherons
 Un dernier indice, facile à chercher et rarement mentionné.
 Les tailleurs de pierre gravaient sur les blocs qu'ils avaient exécutés un signe personnel, simple, géométrique, qui servait à la comptabilité du chantier.
 Ces marques se trouvent sur les faces vues, en général discrètes, de quelques centimètres, et elles se repèrent en lumière rasante.
 Leur intérêt est double. Elles distinguent les campagnes : un même signe sur un ensemble de blocs délimite une intervention. Et elles distinguent l'ancien du refait, la taille du dix-neuvième siècle n'en portant pas.
 Les relever suppose de la patience et un bon éclairage. C'est un travail d'amateur au sens propre, il a été mené par des érudits locaux dans plusieurs régions, et les corpus produits sont utiles.

## Ce qu'il faut noter dans un relevé
 Trois éléments suffisent pour une observation utilisable.
 Le dessin des remplages , photographié de face, baie par baie.
 Les raccords de maçonnerie en élévation, avec leur position.
 Les marques , quand on en trouve, avec leur emplacement.
 Ces trois relevés, datés et photographiés, valent mieux qu'une datation avancée depuis le sol. Ils permettent à quelqu'un de compétent de trancher plus tard, ce qui est exactement leur fonction.

## Ce que la fiche d'un édifice en dit
 Les fiches de ce site ne qualifient pas un style à partir d'une photographie. Elles reprennent la datation par campagne de la notice d'inventaire quand elle existe et quand le rapprochement avec l'édifice est certain, avec la mention de la source et de sa date. Quand la notice qualifie une partie de flamboyante, la fiche le reprend en le lui attribuant. Quand elle ne dit rien, la fiche ne dit rien non plus. La différence entre un remplage du quinzième siècle et une restitution néogothique se joue sur la matière de la pierre, sur les traces d'outil et sur l'érosion : cela se voit à courte distance et cela ne se voit pas depuis l'allée centrale.

## Un mot pour finir
 Le flamboyant est le style de l'agrandissement : dans une majorité d'églises rurales françaises, il n'est pas le style du bâtiment mais celui de la campagne qui l'a complété après la guerre de Cent Ans. Repérer ses remplages revient donc à dater un chantier de reconstruction, ce qui est une information sur la commune autant que sur l'édifice.
 
 Dans cet article
 Ce qui le distingue à l'œil 
 Ce qui l'explique, historiquement 
 Où le trouver 
 Ce qui le rend difficile à dater 
 Distinguer le flamboyant du néogothique 
 Ce que la notice dit, et ce qu'elle ne dit pas 
 Un mot sur le vocabulaire 
 Ce qu'il faut regarder en priorité 
 Les marques de tâcherons 
 Ce qu'il faut noter dans un relevé 
 Ce que la fiche d'un édifice en dit 
 Un mot pour finir 

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