Ce qu'il faut regarder, et dans quel ordre
Trois questions suffisent à classer neuf églises sur dix, et elles se posent toujours dans le même ordre.
Premièrement : la forme des arcs. Un arc en demi-cercle — le plein cintre — renvoie au roman, à la Renaissance ou au classique. Un arc brisé, à deux segments qui se rejoignent en pointe, renvoie au gothique et à ses reprises du XIX<sup>e</sup> siècle. C'est le partage le plus sûr, parce qu'il n'est pas décoratif : il découle de la façon dont la poussée descend.
Deuxièmement : comment le bâtiment tient. Si le mur est épais et que les contreforts sont plats, collés, à peine saillants, il porte seul : c'est roman. Si des arcs de pierre franchissent le vide au-dessus des bas-côtés pour venir buter contre la nef, ce sont des arcs-boutants, et c'est gothique. L'arc-boutant est la conséquence de l'arc brisé, pas une décoration : il rend possible le percement des murs.
Troisièmement : la qualité de la pierre. C'est le critère qui départage un gothique du XIII<sup>e</sup> siècle d'un néo-gothique de 1880, et c'est celui qu'on oublie. Une église médiévale a été reprise, agrandie, réparée : ses assises sont irrégulières, ses angles usés, ses moellons de tailles diverses. Une église du XIX<sup>e</sup> siècle a été bâtie d'un coup, à la machine : assises régulières, joints fins, arêtes vives, symétrie parfaite. Deux flèches jumelles identiques en façade sont presque toujours un signe du XIX<sup>e</sup>.
Les pièges qui reviennent
Le clocher-mur, ce pignon percé de baies où logent les cloches, n'est pas un style : c'est une solution d'économie, employée du XI<sup>e</sup> au XIX<sup>e</sup> siècle, très répandue dans le Sud-Ouest et les Pyrénées. Il ne date rien.
La rose n'est pas exclusivement gothique. Elle apparaît en roman tardif, sous forme d'oculus, et revient au XIX<sup>e</sup> siècle. Ce qui est gothique, c'est son remplage — le réseau de pierre qui la découpe.
Le flamboyant n'est pas un style distinct du gothique : c'en est la dernière manière, à partir du milieu du XV<sup>e</sup> siècle, reconnaissable au dessin des remplages, qui abandonne le compas pour des courbes contrariées en forme de flamme. Le quiz ne le propose pas comme réponse séparée, parce que les notices dont il tire ses données ne le distinguent pas du gothique : proposer un choix que la source ne permet pas de trancher serait poser une question truquée.
La plupart des églises sont composites. Une nef romane, un chœur gothique, une façade du XIX<sup>e</sup> : c'est le cas ordinaire, pas l'exception. La datation retenue ici est celle de la notice, qui désigne la campagne principale.
D'où viennent ces photographies, et ces dates
Les images viennent toutes de Wikimedia Commons, et chacune porte son auteur, sa licence et le lien vers cette licence — c'est la condition de leur réutilisation, et elle vaut dans un quiz comme ailleurs.
Les datations viennent de la base Mérimée du ministère de la Culture. Le quiz n'interroge que les fiches dont le rapprochement avec la notice est confirmé : même vocable, superposition à moins de soixante mètres, ou fiche identique à la notice. Les rapprochements restés probables — plus de mille sept cents — sont exclus. Un quiz qui poserait une question sur une date incertaine se tromperait de faute : il ne s'agirait plus d'une erreur de lecture, mais d'une erreur d'inventaire présentée comme une vérité.